Laudato Si'

Laudato Si’

Lettre encyclique du Saint-Père François
sur la sauvegarde de la maison commune

Le Réseau des Églises vertes est heureux de vous offrir les « Points saillants », les questions de discussion et « L’Aide-mémoire » afin de stimuler la discussion dans vos communautés.

Laudato Si’ : Aide-mémoire

 

 

Le pape François adresse l’encyclique Laudato Si’ à toute l’humanité. La tradition même de l’encyclique consistait à écrire une « lettre circulaire » qui passait dans les mains des évêques, un à un, afin de prendre conscience d’un enjeu actuel. À notre époque, le thème est la sauvegarde de la maison commune. Vous êtes encouragés à lire l’encyclique et à la passer à quelqu’un d’autre.

 

5 choses à retenir

– « Loué sois-tu, mon Seigneur ». La Louange et la gratitude envers Dieu sont la clé de la conversion écologique, qui consiste à aimer notre monde et à en prendre soin. Saint François d’Assise est un modèle à suivre et son Cantique des créatures, dont est tiré le titre « Laudato Si' », est une louange pour la beauté et la bonté de la Création. (1, 11, 72, 87, 91, 238, 245)

– Notre maison commune. C’est l’expression privilégiée du texte pour parler de l’environnement, de la planète Terre. Ainsi, on évite de la diviniser (déesse Gaia) ou de la banaliser (ressources à exploiter). La Terre est le lieu où la famille humaine et toutes les créatures habitent, et aussi le lieu par lequel Dieu pourvoit à leurs besoins. Le respect de la maison commune assure un avenir durable. (1, 3, 13, 17, 21, 53, 61, 155, 164, 232, 243)

– Tout est lié. Les créatures, incluant les personnes humaines, sont liées entre-elles pour former des systèmes, qui sont reliés entre-eux. Cela rappelle la responsabilité de nos choix de consommation. Cette interdépendance est aussi une invitation à la fraternité universelle. (16, 70, 91, 92, 117, 120, 138, 142, 240)

– Cri de la terre, cri des pauvres. La dégradation environnementale affecte plus fortement les pauvres (qui ne peuvent pas s’adapter). Lorsqu’on étudie les causes de la pauvreté, il se cache souvent un système injuste de distribution des richesses et c’est ce même système qui dégrade l’environnement. Les pauvres et la terre se retrouvent sans voix. (2, 70, 117, 139)

– Le changement est possible. Devant l’ampleur de la crise écologique, devant le pouvoir oppressant qui détruit la nature, certains se découragent. Le pape nous encourage en rappelant que chaque geste fait une différence et que chaque voix prophétique s’additionne aux autres pour apporter du changement. (13, 17, 163, 202, 208, 211, 217, 219)

 

3 choses nouvelles (ou presque)

– Aimer la Création et les créatures. Le pape ne demande pas seulement de « faire attention », pas seulement de « respecter », mais d’aimer les créatures et de vivre fraternellement avec elles, en communion avec elles comme l’a vécu saint François d’Assise. Jésus a dit que le Père prend soin de chaque créature. Ainsi, l’amour pour la Création fait partie de notre foi.   (4, 56, 179, 211, 213, 240)

– L’humain ne possède pas la Terre, Dieu en est le propriétaire. Notre société de surconsommation encourage la possession, mais le seul propriétaire est Dieu. Si nous « possédons » du terrain, c’est seulement dans le but de le gérer pour le bien commun. (67, 77, 83)

– La fin ultime des autres créatures, ce n’est pas nous. Autrement dit, la Création n’a pas été créé pour nous, mais elles ont été créées par Dieu et pour Dieu. (83)

4 préoccupations canadiennes

– Exploitation des combustibles fossiles. « Nous savons que la technologie reposant sur les combustibles fossiles très polluants – surtout le charbon, mais aussi le pétrole et, dans une moindre mesure, le gaz – a besoin d’être remplacée, progressivement et sans retard. » (165)

– L’extraction minière. « Il y a, en effet, une vraie “ dette écologique ”, particulièrement entre le Nord et le Sud, liée à des déséquilibres commerciaux, avec des conséquences dans le domaine écologique, et liée aussi à l’utilisation disproportionnée des ressources naturelles, historiquement pratiquée par certains pays. » (51)

– Relations avec les Premières Nations. « Dans ce sens, il est indispensable d’accorder une attention spéciale aux communautés aborigènes et à leurs traditions culturelles. Elles ne constituent pas une simple minorité parmi d’autres, mais elles doivent devenir les principaux interlocuteurs, surtout lorsqu’on développe les grands projets qui affectent leurs espaces. » (146)

– Ralentir la croissance. « Nous devons nous convaincre que ralentir un rythme déterminé de production et de consommation peut donner lieu à d’autres formes de progrès et de développement. » (191)

 

 5 éléments surprenants

– Dialogue avec la science. Un chapitre complet présente les consensus scientifiques qui sont la base d’une éthique de responsabilité face à l’environnement. C’est assez révolutionnaire, surtout quand on

Qu’est-ce qu’une encyclique?

C’est un enseignement sur un enjeu contemporain.

Le 18 juin 2015, le pape François a publié la première encyclique sur l’écologie.

Ce n’est pas par hasard que l’Église se fait entendre quelques mois avant la rencontre des chefs d’états à Paris (COP21) pour adopter le prochain traité international qui permettra de réduire l’impact des changements climatiques. Tous les citoyens du monde, incluant les chrétiens, doivent s’exprimer sur cet enjeu. Le Colloque des Églises vertes 2015, à la ville de Québec, a d’ailleurs permis d’adopter une Déclaration commune des Églises canadiennes sur les changements climatiques. Plusieurs autres déclarations ont été publiées par des papes, des patriarches et des chefs d’Église de diverses confession chrétienne.

 

 


Note:

Cette compilation fut préparée par M. Norman Lévesque, théologien et environnementaliste. Ce texte peut être reproduit ailleurs, et nous vous remercions de citer la source : Lévesque, Norman. (2015). « Laudato Si’ : Aide-mémoire », www.EglisesVertes.ca .