Engagement social volontaire, leadership et équilibre

 

Les gens s'engageront et complèteront un projet s'ils sont motivés par quelqu'un qui les guide avec une vision pour une cause qui lui tient à coeur. Ce qu'ils ont à faire et pourquoi doit être clair et bien expliqué.

Ils ont besoin d'être guidés mais aussi, d'être respectés dans ce qu'ils sont. Un leadership positif les prendra dans leur intégrité, reconnaissant que les bénévoles ont leurs hauts et leurs bas, et ont parfois besoin d'une pause. Afin de mieux se connaître, le leader peut organiser un cercle de parole et commencer une réunion avec un partage de 15 minutes où les personnes pourront échanger et, par exemple, se dire les points positifs et négatifs de leur semaine. On peut leur demander ce qui peut être prié pour eux spécifiquement. De cette façon, ils sentiront qu'on les connait, et reconnait, et ils s'engageront dans la vision parce qu'ils appartiennent à la communauté. Dieu nous a construit pour vouloir être en communauté. C'est pourquoi les églises existent!

(Pour lire l'interview complet avec Nancy Beach, en anglais, visionnaire et leader des arts pour l'Église communautaire de Willow Creek en banlieu de Chicago)

 

D'autres articles en anglais pourraient nous inspirer. Ils ont été publiés dans le Journal of the Institute for Volunteering Research, vol 9 no 1, 2008 :

Un de ces articles, écrit par Anne Birgitta Yeung, offre une analyse sur le bénévolat dans les églises de Finlande. Elle questionne le fait que dans la modernité avancée, quand l'individualisme est une valeur qui supplante la solidarité, y a-t-il encore place pour les liens traditionnels d'altruisme? Quels sont les conséquences d'une liberté accrue? Pourquoi de nos jours les gens se tourneraient vers des gestes collectifs? Sa conclusion est que les gestes de compassion et d'altruisme ne sont pas nécessairement en conflit avec les valeurs de liberté et d'individualisme. En fait, faire du bénévolat est une expérience de croissance individuelle - développer des compétences, acquérir une expérience de terrain et favoriser la croissance personnelle. Il y a toujours de la place pour les institutions traditionnelles, les liens sociaux et l'altruisme.

L'autre article que nous recommandons porte sur le thème du travail volontaire et de la santé. Encore, comme nous l'avons vu plus haut, il est vital que les programmes soient gérés en fonction de maximiser les bénéfices que les participants peuvent en retirer. La recherche menée par Peter Konwerski and Honey Nashman suggère de créer une situation "gagnant/gagnant". Comme le terme "philanthropie" est centré sur la charité, la compassion et la générosité des donateurs, ils suggèrent d'utiliser le terme "philanthérapie" qui pose l'emphase sur un échange réciproque et positif qui peut avoir pour effet de promouvoir la santé - des effets sur la santé mentale, émotionnelle et psychologique des bénévoles.

 

Du côté francophone, on peut lire aussi un article sur la théorie sociologique de l'engagement social :

Le sens éthique et le plaisir sont les moteurs de l'engagement pour une cause. Comme la réalisation personnelle, l'autonomie et l'identité singulière sont des valeurs contemporaines, il en résulte parfois un rejet des grandes morales religieuses ou politiques traditionnelles. La justice écologique fournit un argumentaire intéressant pour développer un rapport individualisé à l'éthique, ouvrant le champ du religieux à l'émergence d'une dimension du plaisir liée au rapport à soi et à Dieu.

Vermeersch, Stéphanie. 2004. "Entre individualisation et participation : l'engagement associatif bénévole"Revue française de sociologie 4/2004 (Volume 45). pp.681-710.

 

Selon une enquête canadienne, quels avantages les Canadiens trouvent-ils à faire du bénévolat ? Mis à part l'engagement à une cause, trois principaux avantages se présentent en tête de liste.

  • Plus de trois quarts des bénévoles, soit 79 %, trouvent que l’engagement leur donne de l’entregent, par exemple, dans la compréhension et dans la motivation des autres, ainsi que dans la gestion de situations difficiles.
  • Un peu plus du deux-tiers, à 68 %, trouvent que cela les aide à améliorer leur communication.
  • Un bon 63 % constatent que cela accroît leurs connaissances des questions liées à la cause encouragée.

(Pour lire le résumé de l'Enquête nationale de 2000 sur le don, le bénévolat et la participation)

 

Le bénévole demeure libre de s’investir quand il le veut et où il le désire. Il doit savoir se poser la question du “pourquoi” de son engagement le plus souvent possible. Le bénévolat est un espace de liberté et de choix.

Les uns choisissent le bénévolat par convictions religieuses. D’autres, déçus par la superficialité des rapports sociaux, recherchent un contact plus authentique.

(Approfondir ces notions sur www.psychologies.com)

 

Au Canada, les bénévoles dans le domaine de la justice sociale s'engage pour des organismes de santé, de disparités sexuelles, d’ethnicité, d’environnement, de pauvreté, d’invalidités, de droits de reproduction et de droit criminel.

Pourquoi s’impliquent-ils ? La raison la plus importante invoquée par les bénévoles, c’est l’engagement au service des moins fortunés (44 % des bénévoles). L’engagement envers le changement social vient en deuxième (20%) et en troisième, l’encouragement des amis, de personnel et des parents (18%). Il est donc intéressant que la cause environnementale comporte un volet de justice écologique afin que l'impact des actions bénévoles rejoignent le désir de servir les plus démunis. Pour ceux dont l'action est orientée vers le changement social, il est important de participer à des discussions sur les politiques communautaires et publiques, ainsi que sur les personnes défavorisées. Les bénévoles ont besoin de sentir qu'on désire qu'ils s'engagent, c'est pourquoi soixante et onze pour cent des bénévoles interrogés dans le cadre de l’étude fournissent des services directs (par exemple : mentorat, enseignement, modèles d’inspiration professionnelle, counseling, soutien affectif, assistance physique) demandant une expertise et une implication personnelle. De plus, comme les communautés veulent redresser des injustices sociales non seulement en offrant des services à des groupes marginalisés, mais aussi en faisant de la recherche, de l’approche communautaire et de la défense de droits, il serait intéressant de créer des opportunités pour inciter les bénévoles qui ont les compétences à accomplir de telles tâches.

 

 

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