Menno et écolo : compatible ?

Considérations théologiques et pratiques d’une adhésion au projet Église verte  

Dans cet article, nous voulons répondre principalement à deux questions. La première : Pourquoi voulons- nous, en tant qu’église chrétienne évangélique, nous joindre au projet Église verte? Et dans un deuxième temps : Quelles sont les considérations théologiques et pastorales en cause? Puis, nous terminerons par une mise au point de l’implication de la certification et quelques constats de nos mesures actuelles.

 

Pourquoi se joindre au projet Église Verte ?  st-eustache evang 1920x950

Nous répondons d’emblée :

  • Par souci de pertinence et de crédibilité sociale, le contexte actuel est sensible à l’environnement (ex. synchronisation avec les écoles)
  • Pour réintroduire un élément actuellement négligé de notre confession de foi (pas une nouveauté théologique) sur la création :

Article 3: Nous croyons qu’au commencement Dieu a créé les cieux et la terre, et que tout était très bon. Toute la création exprime la volonté souveraine et le dessein de Dieu tout en restant distincte du créateur. L’univers appartient à Dieu qui en prend soin et se réjouit de le soutenir.

  • Pour favoriser une intendance chrétienne globale qui inclut le mandat de Dieu pour la création :

Article 15: Nous croyons que l’univers et tout ce qu’il contient appartiennent à Dieu le créateur. Dieu a confié le soin de la terre à tous les gens qui sont responsables de l’exploitation de ses richesses. Une bonne intendance consiste à utiliser les ressources terrestres pour répondre aux besoins humains, mais s’oppose à l’exploitation injuste de la terre et de ses habitants. Nous recevons tous les dons de Dieu avec actions de grâce et nous les utilisons avec sérieux.

 

Vivre de façon responsable

Reconnaître Jésus comme Seigneur transforme nos valeurs.

Jésus nous avertit que nous ne pouvons servir à la fois Dieu et les richesses. L’obsession de l’argent et des possessions, une vie de trop grande tolérance envers soi et le désir d’accumuler des biens pour son avantage personnel, tout cela n’est pas en accord avec l’enseignement des Écritures.  

 

La générosité

La Bible nous enseigne à donner notre offrande à  l’Église, avec joie, sacrifice et proportionnellement à nos revenus en reconnaissance envers la bonté de Dieu.

Les chrétiens ne prétendent pas que leurs biens leur appartiennent mais gèrent toutes leurs ressources, incluant leur argent, leur temps, leurs capacités et leur influence, de façon généreuse pour rendre gloire à Dieu. Ils ne méprisent pas le pauvre, mais s’entraident dans l’Église et partagent ce qu’ils possèdent avec ceux qui sont dans le besoin. Le peuple de Dieu cherche à adopter un style de vie marqué par la simplicité et le contentement.

  • Parce que la création déclare la sagesse et la puissance de Dieu, appelant tous les êtres humains à l’adorer.
  • Parce que le projet Église verte est un véhicule approprié pour promouvoir nos valeurs en ce qui a trait à la Création.
  • Pour stimuler la réflexion des autres Églises sur cette question et encourager leur participation au projet (modèle d’entrainement).  

 

Quelles sont maintenant les considérations théologiques en cause? Ou en d’autres mots, est-ce à l’Église à prendre ce virage vert?  

Nous répondons absolument oui, le Projet Église verte se marie à notre mission de proclamation et de compassion pour les raisons suivantes : Car c’est une approche centrée sur: 

Les implications de l’Évangile; On ne change pas de message, on ne fait que souligner l’une des implications du message de l’Évangile. Comme une belle marguerite: le cœur du message demeure la réconciliation avec Dieu par Jésus-Christ, mais les pétales représentent les implications sociales, pratiques, et éthiques de la vie chrétienne.

  • La particularité chrétienne; On ne répète pas ce qui se dit ailleurs, notre discours s’inscrit à l’intérieur d’un cadre de référence chrétien.
  • L’intendance chrétienne par rapport à la Création; Car l’intendance ne s’applique pas qu’à notre emploi du temps ou qu’à nos finances.
  • Une vision globale d’une vie de disciple; Les implications de la foi influencent notre vie de couple, de famille, les finances, le travail, la sexualité, l’argent, etc.  

De plus, pour mettre de l’avant ce projet d’Église verte, nous préconisons une approche qui se veut :

  • non extrémiste : nous sommes conscients de la réalité et de la complexité des enjeux, mais nous voulons prendre des actions réalistes.
  • non ingérante : il n’y a pas de police environnementale ou de surveillance de la vie privée, nous prônons plutôt une approche collective.
  • et équilibrée : l’écologie chrétienne ne monopolisons pas tout le discours et toutes les pratiques de l’Église, ce n’est qu’un aspect de la vie de l’Église.

 

Implication de la certification :

Pour nous, cette certification a une portée symbolique, elle indique une orientation théologique et pratique d’une Église. Elle n’est pas tant une destination qu’une trajectoire à suivre. Elle reflète une intention, celle du désir d’intégrer une dimension écologique à notre foi.  

Actions concrètes en vigueur :

Déjà, plusieurs actions concrètes écologiques sont déjà posées régulièrement à l’Église. Citons par exemple le dimanche du Jour de la terre, les prières d’intercession pour le monde, les prédication en lien avec la création, nos programmes d’été pour les jeunes qui valorisent la nature (Natur-à-pik, Eau là-là, Tutti frutti), nos appuis occasionnels à des initiatives environnementalistes (pétition), notre chauffage électrique avec thermostat, la qualité de notre entretien extérieur, l’achat de café équitable, de tasses en carton et de vaisselle durable, l’utilisation de bacs de recyclage (intérieur et extérieur) et la participation à la réalisation d’un jardin communautaire sur le terrain de l’église et ça depuis déjà trois années (ce jardin est ouvert à la communauté et cherche à rejoindre principalement les organismes communautaires et les familles démunies. De plus, il favorise le manger frais, local et les bonnes habitudes de vie).  
 

Le mot de la fin :

Devenir une Église verte, ça fait du sens !  

 

Comité Église verte
Stéphane Rhéaume, pasteur principal
Claude Queval, pasteur enseignant
Danielle Lajeunesse, coordonnatrice des ministères
Jocelyn Saint-Jean, relation d’aide
Bruno Synnott, pasteur jeunesse
Micheline Papineau, secrétaire

 

 

Église chrétienne évangélique des Frères Mennonites de Saint-Eustache
69 rue Saint-Laurent
Saint-Eustache, J7P 3X6
(450) 472-9523
http://www.eglisesteustache.org/